Turquie

Du 16 janvier 2023 au 7 avril 2023

Nous attendions le passage vers le continent asiatique depuis longtemps. Arriverons nous à traverser la frontière de l’Asie en stop ?

A lire !

Sortir de l’Europe

De Thessalonique tu retiendras les grandes artères parcourues par un afflux que rien n’arrête. Il y avait aussi la colocation d’Hugo et Anaé et surtout leur petit chambre dont ils t’ont prêté un bout de sol pour poser ton matelas gonflable.…

Un bonhomme, nous amène à la ville frontalière Kaşan, de là il arrange tout. Pendant que nous l’attendions à la voiture, il négocie le prix du prochain bus pour Izmir. En nous quittant, il ouvre son coffre, nous donne gâteau et boisson, puis nous salut. À 22h nous embarquons pour la nuit dans un bus bien confortable.

Le réveil est moins agréable, à 4h30 du matin nous sortons du bus à Izmir, avec 2h d’avance sur le programme. La petite nuit se fait sentir, on décide de nous mettre au chaud le temps que le jour se lève. Au milieu de la grande Otogar, nous trouvons un banc à côté des sans-abris. Délicatement, sans réveiller les alentours, nous nous installons pour tenter de finir notre nuit. À 6h nous prenons un bus pour le centre ville, il fait encore nuit mais la ville se réveil. De là on trouve un hôtel qui nous accueil au petit matin. Quelle chance, on peut finir notre nuit!

5h du matin, dans le hall de l’otogar

Nous restons 3 jours à Izmir pour nous acclimater à la vie Turque. On se balade tous les jours dans le grand bazar. Constituée de ruelles marchandes qui mènent à de petites places à fontaines ou à mosquées, on a l’impression d’être dans un petit village animé. L’ambiance bordélique et chaleureuse du bazar, nous fascine. Les couleurs sont partout, épices, fruits secs, somptueux déserts, légumes, argenterie, tissu, poisson… Les turcs on pour habitude de passer leur journée à déguster des Çay « thé » servi dans un verre sur une soucoupe avec un sucre. À toute heure et tout lieu, les turcs savourent leur Çay. Dans le bazar des marchands de thé circule rapidement être les gens avec de grand plateau rempli de verre plein, proposant aux consommateurs. On y goûte de nouvelles spécialités comme des Pide.

Pain kurde cuit dans un four à bois. Avec le fidèle Ayran, boisson au yaourt des turcs!

Izmir est la 3ème plus grande ville turque. Cette ville est attrayante par sa jolie tour de l’horloge, ainsi que son emplacement stratégique pour visiter les grands sites archéologiques des ères hellénique, romaine et byzantine.

Tour de l’horloge, érigée par leSultan ottoman Abdülhamid IIen 1901

Avant de reprendre la route du Sud pour retrouver Sorcha et Victor. Nous décidons de visiter le site archéologique de Ephesus. Situé à 50km de Izmir, au bord du très chouette village de Selçuk, on découvre les vestiges antiques du village d’Efes (10e siècle avant JC). Se superpose des traces d’habitat néolithique, grec (archaïque, classique puis hellénistique). Puis en -129 la ville est annexée par l’Empire Romain d’Orient, avant d’être byzantine en -300. Enfin la ville devint ottomane.

On se promène dans ses rues où l’histoire se superpose, on se sent microscopique dans l’étendu des âges. Le site est toujours en fouille. Les touristes déambulent pendant que les chats et chiens habitent.

La grande bibliothèque

Un bus de nuit nous amène à Kaş, village de pêcheur au Sud de la Turquie sur la côte méditerranéenne, lieu de rendez vous avec Sorcha et Victor. Contente de retrouver ma copine, nous programmons de rester quelques jours à Kaş. Ce village est remplie de frangipanier de toutes les couleurs. On rencontre un nombre incommensurable de Russe, qui sont installés ici, fuyant la guerre. On décide de faire des randonnées sur la Lycian Way, voix romaine qui longe le bord de mer pendant 500km entre Fethyier et Antalya construite lors de la période lycienne avant JC.

On adopte plein de chats: radis, route, cailloux, choufi, mosquée, scooter

Victor repart vers la France. Nous allons chez Deniz, un turc qui fabrique des paille-yourte dans les montagnes. On ramasse des olives pendant 3 jours

Stockage d’olive

Alors que nous sommes au bord de la route dans l’attente d’un Dolmüs (bus local turc) un gentil monsieur nous embarque pour Fethiye, ville côtière quelques kilomètres au nord. Pris de sympathie, Fathi, fait 3 fois le tour de la ville pour nous trouver un logement convenable. Il nous fait la visite de plusieurs hôtels luxueux que nous refusons au vue du prix. On cherche une pansyion, mais il refuse de nous en indiquer sous prétexte qu’elles regorgent de punaises. Sa gentillesse nous met mal à l’aise, nous cherchons un moyen de nous échapper de sa voiture et trouver un endroit pour déjeuner.

Fethiye est une grande ville, qui semble touristique l’été. La marina regorge de bateaux d’excursion. On se promène dans et nous faisons nos marques dans le bazaar. Nos journées sont consacrées à la randonnée, nous continuons une partie de la Lycian Way.

Rando dans l’eau
Vallée des papillons
kayaköy – ville fantome
Pique-nique des marcheurs
Pause baignade et mots fléchés

L’aventure continue vers Denizli, ville réputée pour le textile. Comme d’habitude nous nous installons prés du bazaar : des quartiers très animés la journée qui nous plaise. Toutefois, nous sommes surpris de n’y trouver aucune âmes en soirée, cela nous penne pour trouver à dîner. Nous finissons par trouver un kebap d’agneau qui nous accueil chaleureusement. Nous dînons au côté du maire de la ville et ses collègues des villes voisines. Un repas politique autour d’une assiette kebap!

Sorcha et Lou décident de se rendre à Pamukkale, dit « château de coton », l’une des attractions les plus touristique des Turquie. On comprend pourquoi à notre arrivée, devant nous s’étend une grande montagne blanche terrassé par des basque d’eau turquoise.

Ce phénomène géologique est formée par le rugissement de 17 sources d’eau chaude, provenant des montagnes aux alentours. Des sources pouvant atteindre des températures élevées telles 54 degré. L’eau qui s’écoule est concentrée en dioxyde de carbone, qui a son contact avec l’air, dépose une couche de carbonade de calcium (sous forme pâteuse, qui durcit avec l’air). Ainsi s’est formé ce « château de coton ». Ce site miraculeux a été vite exploité. Au IIè siècle av JC, est fondé par Pergame la ville de Hierapolis. D’abord grecque, puis annexée par les romains, la ville thermale s’agrandit autour de la divinité d’Apollon. Cléopatre s’y baigna et adora cette eau miraculeuse. Qu’elle fit transporter à dos d’âne jusqu’à Rome. Une sacrée reine !

Nos pieds sont gelés lorsqu’ils sont hors de l’eau !!!

Après des bons bains de pied, nous repartons en train vers Izmir.

Pour la première fois depuis notre départ, nous retournons sur nos pas. Bien appréciable, on arrive en terre connue! On s’installe 4 jours dans un hostel très chaleureux, où nous retrouvons le bonheur de se faire à manger, et de partager des repas avec des grandes tablées.

Nos pas nous mène vers Iznik, un petit village au sud d’Istanbul, au bord d’un grand lac. Célèbre pour ces faïences, on se balade dans la ville, d’artisans à l’autre, alors que les température ont chuté. Dans l’Empire Ottoman, le Sultan fit venir tous les artisans de perse dans le village d’Iznik afin de fabriquer la meilleure céramique, pour les mosquées et palais du royaume. Aujourd’hui Iznik reste une destination connue des stambouilottes. Les couleurs bleu cobalt et rouge découle de cette période. D’ailleurs utilisé pour la magnifique mosquée bleue d’Istanbul.

La quelle choisir ?

Sorcha nous quitte, elle s’envole pour la France. Nous arrivons dans la grande ville d’Istanbul. Le froid continue de descendre. Voilà qu’il neige ! Usame nous accueil chaleureusement dans son petit appartement rive européenne.

Karagöz

L’année dernière, alors que nous étions passionné•es de cinéma asiatique (majoritairement chinois, coréen et japonais) nous avons découvert l’art traditionnel du théâtre d’ombre chinois, dans le film Vivre! de Zhan Yimou. Bien que les chants qui accompagnent la danse des marionnettes,…


Le lendemain un terrible tremblement de terre bouscule toute la Turquie. Le pays est en berne.

İstanbul tremblera-t-elle ?

« Si ça arrive à Istanbul, on y perdra la vie. Moi je mourrai, c’est sûr. Je me dis que j’ai déjà bien vécu, c’était sympa la vie. » C’est ainsi que Talha, sourire provocateur aux lèvres, nous livre ses prédictions vis-à-vis du tremblement de terre attendu…

Nous rejoignions la ferme de Tuba à l’ouest du pays, pour une dizaine de jour à expérimenter la vie au bord de la Mer Noire. Tuba s’est installée dans la région d’Igneada il y a 10 ans pour faire un projet de permaculture jusqu’à l’assiette (elle est cheffe cuisinière de profession). On y retrouve une famille germano-mongole qui voyage pendant an. Nos journées sont chargées d’activités avec les enfants, de festins, et de jardinage.

Térence et Jonas
Tuba, Lou, Ondra, Félix au déjeuné
French crêpes au petit-dej
Tous les volontaires qui plantent des graines
Préparation d’un repas mongol
Félix et Hanna

D’ici on quitte Istanbul, la grande ville et son insécurité. La région d’Igneada devient l’épicentre d’un exode urbain stambouliote, fuyant les futurs tremblements de terre. Les bourgeois se ruent sur les maisons, bicoques, et préfabriqués pour échapper à leur destin. Les prix flambent, les télévisions ont annoncé qu’Igneada était la région la plus sécuritaire de Turquie.

Au nouveau café bobo du village. Ici tu peux boire des cafés Latte comme à Istanbul !

Après 10 jours passé dans la ferme de ÖTE, on décide d’y séjourner plus longtemps. Gudrun, une autrichienne qui s’est installée en Turquie pour faire du fromage (« Tamambert »), vient nous expliquer le travail en permaculture, et la préparation du potager de cette été. Elles est très organisée et compte le nombre de plantes nourrissières que nous devrons planter. Nous apprenons beaucoup de choses sur les sols et les plantes, nous sommes ravis et excité de commencer ce travail.

Gundrun qui nous explique comment labourer la terre à la main.

De nouvelles volontaires nous rejoignent dans l’aventure ! On est content car nous avons beaucoup de travail, et le printemps commence déjà a pointer le bout de son nez.

Ege et Lou qui arraches des racines.
On récupère le fumier du voisin.

Nous passons nos journées dans le champs a retourner la terre (arracher les racines des anciennes plantes, retourner la terre et disposer le fumier par dessus).

Tous les jours, on observe le printemps se réveiller, depuis les champs et la rivière du jardin.

Plantation dans le champ
Nos semis
Mer noire, port de Kıyıköy

L’aventure au bord de la mer noire chez Tuba, se termine après 1mois à transformer la ferme. Un petit documentaire est tournée…

Nous reprenons la route dans la province de Çanakkale où nous souhaitons rendre visite à nos ami•es.

Déjeuner chez Ege

Ege nous invite dans son petit chez elle. Avec ses amis elle a fraichement acheté un terrain (un vignoble avec beaucoup d’arbres fruitiers) pour sortir petit à petit de leur vie stambouliote. Ils ont fabriqué une petite tiny house pour y séjourner lors de leur temps libre. Il persiste beaucoup d’interrogations chez notre hôte concernant sa vie future. Nous passons de long moments à discuter de la politique du pays. Les élections présidentielles turques devraient avoir lieu le 14 mai 2023. Les tremblements de terre dévastateurs de février ont chamboulé la campagne. Aujourd’hui Erdogan tente de se faire réélire, une opposition (multi-parti) s’est constitué pour lui barrer la route. Les turcs sont divisés, et Ege a peur qu’une guerre civile éclate à la suite des élections. Elle même a pris la décision de quitter le pays si Erdogan revenait au pouvoir. Elle ne veut pas que son pays devienne une dictature conservatrice. Elle nous parle avec beaucoup d’émotion de l’incertitude de son futur. Doit-elle préparer son jardin, ou faire ses bagages ?

Jardin de vignes de Ege

Le 25 mars c’est le début du ramadan. Nous avons la chance d’être dans le village d’Ege pour participer à l’ayır (la rupture du jeûne). Chaque jour, une famille du village (les femmes) cuisine le repas pour l’offrir à l’ensemble de la communauté. Nous on attend de remplir nos plateaux, les femmes dans une première file et les hommes ensuite. On arrive à se faufiler entre les deux files. Le chant de l’Imam sonne le début du diner. Certain commencent avec une première cigarette tant attendu, d’autres par un verre d’eau, et d’autres enfin par la date d’ouverture du repas.

On comprend que c’est un moment de cohésion et de partage du village. 70 personnes viennent se réunir pour diner ensemble et vivre ensemble cette épreuve de jeûne.

Nous passons du très bon temps tous les trois, nous visitons la région avant de retrouver nos autres ami·es pour fêter l’anniversaire de Lou.

On rejoint une belle bande de copain, pour souffler les 25 bougies de Lou autour d’un grand feu de camp.

Dès le lendemain on est invité dans une nouvelle ferme « Idamera » pour faire du fromage (français) et s’occuper du jardin.

La cave à fromage. 3 mois de maturité

On savoure le temps passer dans cette ferme familiale sur trois génération. Cette expérience nous donne plein d’idée et d’énergie pour entreprendre notre propre projet de future ferme.

On reprend la route et les itinérires

Direction la Cappadoce avant que notre visa turc n’exprime. Ce lieu bien que mega touristique est assez exceptionnel en son genre. Tout a commencé il y a 5 millions d’année lorsque trois volcans en éruption, ont balancés leurs laves et cendres sur une grande surface. Les grandes glaciations, l’érosion, les vents qui ont suivi, ont sculpté les paysages bien connus de la Cappadoce.

On randonne dans ces vallées pendant 3 jours. On découvre que ces paysages ont été habités depuis l’Antiquité. Ces monts ont depuis lors abrité des populations marginales et persécutées (orthodoxe, byzantine, grecque etc.) Cette région abritait une langue spécifique, qui ne subsiste aujourd’hui qu’en Grèce, et ce depuis l’expulsion des chrétiens dans les années 1920.

Monastère troglodytique ornée de peinture rupestre

On reprend le bivouac au milieu de ces paysages majestueux et historiques. On savoure cette nature désertique du crépuscule à l’aube.

L’aventure cappadocienne est courte car nous devons rapidement rejoindre la frontière géorgienne. On traverse en 2 jours la partie Est de la Turquie, jusqu’à arriver à la ville de Sarpi sur la Mer Noire à quelques kilomètres de Batumi.

On se garde de côté les excursions de l’Est turc pour notre retour de Géorgie avant notre passage en Iran.

A lire !

Kars, ville aux confins de la Turquie

Située à la frontière turco-arménienne et non loin de la Géorgie et de l’Iran, Kars a été pendant des siècles convoitée et occupée en raison de son emplacement stratégique. Aujourd’hui, la ville affirme son appartenance turque a bien des égards.…