La vadrouille c’est pas toujours simple. Sortir de son duvet tôt les matins froids, ranger la tente, être humide, trouver de l’eau, déguerpir des lieux cachés où nous nous sommes faufilé•es le temps d’une nuit, prendre la route, faire de longue marche, lever le pouce, discuter, rencontrer, partager, bref ce rythme peut être fatiguant. Néanmoins nous l’avons choisi, c’est notre manière de voyager, et avouons le, c’est un grand sentiment de liberté !

Changer de rythme, aller moins vite, on en parle. On aimerait prendre le temps des longs réveils au lit, de ne pas nous préoccuper du dîner et de notre prochaine destination. Mais nous sommes constamment rattraper par nos esprits vifs et motivés en soif de nouvelles pérégrinations .
Alors quand s’arrêter ? Quand faire une pause ? une entracte ? Une a parte ? Lors d’un long voyage avec autant de kilomètres de route dans le viseur, nous sommes toujours tenté•es pour avancer chaque jours un peu plus. Il est vrai que nous avons le temps pour ce voyage, mais le désir de découverte, nous fait parcourir les routes, et traverser les villages les uns après les autres.
S’arrêter donc. Prendre le temps, non pas sûr la route et dans nos rencontres car nous y parvenons, mais un temps pour nous, pour se poser, s’installer, penser, et errer. Quand et où ? Devons nous attendre une fatigue enivrante, la maladie ou une blessure pour s’autoriser une pause ?
C’est donc au bord du lac Bohinj que nous posons notre tente pour la première fois en Slovénie. Ne pouvant pas bivouaquer dans les parcs nationaux, nous frappons aux portes d’un camping, où nous décidons de nous installer pour 2 nuits.

Le matin fût très agréable, se laisser tranquillement bercées par le soleil qui tente de se frayer un chemin à travers la lourde masse de nuage s’étant nicher au cœur du lac pendant la nuit. Nous déjeunons quelques amandes et dates achetées sur le marché de Turin parsemé par du miel de Tende, puis nous nous promenons au bord de l’eau.
Je vois une poule blanche, je m’approche, lui parle, puis j’entends « France ». Je me retourne et vois venir vers nous, son propriétaire français. Patrick est parti de Toulon depuis 2 mois avec son vélo et sa charrette pour transporter sa poule, France. Il se dirige vers le Népal. Une longue discussion s’ensuit : quelles contrées avons-nous parcourus, quels sont les pays que nous allons découvrir etc. Ainsi débuta le partage d’expériences vagabondes : l’une en stop et l’autre en vélo. Nous comparons l’hospitalité reçue et nos débrouillardises. Au fur et à mesure de nos discutions, la journée avançait et aucun de nous ne se préoccupait de l’avenir.
Les deux jours passés au bord du lac ont été d’une effroyable rapidité. Consensuellement, nous avons décidé tous les 4 : Patrick, Térence, France et moi, à prolonger ce moment de « détente ». Nous partageons l’agréable sensation de ne pas être en mouvement, et de savourer un lieu et des rencontres. Ce n’est pas d’ailleurs ce que fond les nomades ? On comprend maintenant mieux l’importance de ces moments accordés à nos âmes, plus calme, plus sédentaire.

Article non terminé, mais qui semble important de partager. Ici, c’est le début d’une réflexion sur la vie en voyage. Nous trouverons par la suite de nombreux lieux où s’arrêter et se ressourcer.